à propos de l’homme au cheval blanc
« Ils racontent une histoire » : des élèves de Cherbourg-en-Cotentin et de Berlin revisitent l’érosion du littoral
Avec le projet « L’Homme au cheval blanc », il s’agit de faire se rencontrer des élèves de France et d’Allemagne autour d’un projet d’écriture collective d’une pièce de théâtre. Nous partons d’une légende allemande, qu’ils adaptent à la problématique du recul du trait de côte dans le Nord-Cotentin
explique le metteur en scène Frédéric Barriera.
«L’objectif est de revisiter ce conte traditionnel allemand à l’aune des problèmes environnementaux actuels. Sophie Jayer enseigne les SVT (sciences de la vie et de la Terre) au lycée Grignard à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) : C’est un projet pluridisciplinaire qui mêle sciences et vie de la Terre, français, géographie, histoire et théâtre. Les élèves concernés sont ceux de la Classe engagée, qui travaille cette année sur le thème Résilience et prévention des risques.
Une résidence de lycéens allemands et français
33 lycéens français et 20 Allemands se sont retrouvés cette semaine en résidence de travail à L’Autre lieu. Ils ont participé à des ateliers d’écriture collective pour adapter le conte au monde d’aujourd’hui
, précise Pascale Zammouri, professeur de lettres à Grignard. Ce jeudi 19 mars, les élèves ont proposé une étape de travail
, indique Frédéric Barriera, Il y a encore des incohérences mais l’essentiel est là : ils racontent une histoire.
Les lycéens prennent place sur l’estrade de L’Autre bar. Chacun se lève tour à tour pour incarner les multiples personnages. L’action se déroule dans un village de bord de mer menacé par l’érosion. Certains habitants sont inquiets, d’autres, comme le maire en pleine campagne électorale, n’y croient pas et évoquent des mensonges
et des bouffonneries.
Faut-il abandonner le village qui les a vus grandir, ou bien construire une digue de dix kilomètres censée les protéger ? Jusqu’à ce qu’un mystérieux cavalier sillonne sur son cheval blanc les ruelles et les champs avoisinants, et suscite inquiétude et méfiance de tous. Le projet entre dans le cadre des actions de médiation de la Compagnie Paris-Berlin et Cie, créée à Vicq-sur-Mer en 2018 par Frédéric Barriera, Emma Debroise ou encore le comédien cherbourgeois François Bartier.

à propos de frontières
semaine de création au quai des arts et deux sorties de résidence à argentan
Le théâtre d’Argentan (Orne) accueille deux compagnies, Paris-Berlin compagnie avec le spectacle FrontièreS et la compagnie Pandal avec Paracosme.
« FrontièreS » par Paris-Berlin Compagnie ou le devoir en question
Créée en 2018 par Frédéric Barriera, auteur et metteur en scène, également professeur de Français à Berlin, la Berlin-Paris compagnie travaille le son et teste l’avancée des techniques cette semaine.
FrontièreS traite des différentes limites, territoriale, morale, esthétique, à travers l’histoire d’un soldat allemand, Franz K. qui a eu ordre de fusiller Günther A, qui voulait passer en Allemagne de l’Ouest. Conscience du devoir et devoir de conscience… Des années plus tard, Franz K. passe à l’Ouest. « Nous travaillons sur trois versions de son accueil à l’Ouest, l’une favorable en mode roman photo, une autre défavorable avec habillage de nos portraits, et une dernière façon Fassbinder, au fantastique coloré », développe Emma Debroise, l’une des comédiennes.
Après une lecture de la pièce, l’été dernier, à Avignon, la compagnie élabore sa création sur plusieurs résidences, reviendra en avril au Quai des Arts et est programmée l’été prochain à Avignon.

à propos de frontières
Tous responsables ?
FrontièreS est un spectacle éminemment philosophique qui pose la question de la responsabilité et de la culpabilité. C’est un texte exigeant, d’une grande densité, qui nous met face à un dilemme : faut-il écouter les ordres ou suivre ce que nous dicte notre conscience sous peine de finir derrière les barreaux ?
Tuer est-il légitime quand quelqu’un enfreint les règles d’une société ? Cela m’a fait penser à la réflexion d’Emmanuel Lévinas : on ne peut tuer un homme si on a regardé son visage car son visage nous vise, affirme le philosophe dans Difficile Liberté.
Ce texte qui évoque la fuite d’un Allemand de l’Est vers l’Allemagne de l’Ouest a une portée universelle : il tente de franchir le mur. Ceux qui exécutent les ordres les plus atroces sont-ils aussi coupables que ceux qui les donnent ? Quel est la responsabilité de chacun ? Cela m’a évoqué la magnifique chanson de Daniel Balavoine, Lady Marlène. Chacun n’est pas logé à la même enseigne. On pense aussi inévitablement à la Shoah et à l’expérience de Milgram. Le texte de Frédéric Barriera, en plus d’être très bien écrit, est extrêmement riche.
Sa mise en scène fait l’effet d’une déflagration. Une puissance émotionnelle formidable se dégage du jeu des comédiens. La scénographie, particulièrement étudiée, met les corps à l’honneur. Les personnages prennent vie devant nous. Les regards sont habités, les visages expressifs, on est happé par l’univers de l’auteur, et à la fin, on a le cœur serré. L’univers sonore est en harmonie avec le propos. Le compositeur a fait des merveilles. La dimension cinématographique de la mise en scène est admirable.
La distribution est d’un très haut niveau, ce qui contribue considérablement à la réussite du spectacle. Les trois comédiens, Emma Debroise, Carl Bergerard et Matthieu Boisset sont épatants.
C’est une pièce bouleversante qui s’annonce comme l’un des temps forts du festival d’Avignon 2026.
Publié le 22 juillet 2025.
Au Théâtre des 3S et au festival d’Avignon 2026.

à propos de FronTièreS
Paris-Berlin Cie répète sa dernière pièce sur la scène communale d’Anneville-en-Saire
Enseignant au lycée de Berlin (Allemagne), Frédéric Barrièra est à la tête de la compagnie théâtrale : Paris-Berlin Cie. Avec ses comédiens, il répète sa dernière pièce en résidence à Anneville-en-Saire (Manche), jusqu’à fin 2024 : Frontière.
Comme il se plaît à le dire, Frédéric Barrièra est à 50 % Berlinois et 50 % Annevillais. Professeur de français au lycée de Berlin (Allemagne), Frédéric Barrièra est également professeur de théâtre dans le même lycée. Notre compagnie se nomme : Berlin Paris Cie. Elle a été créée en 2018 autour d’un spectacle bilingue sur le thème de la chute du mur de Berlin
, souligne Frédéric Barrièra, qui faisait jouer des comédiens Français et Allemands avec des techniciens des deux pays. Le but a aussi été d’avoir une compagnie qui travaille sur l’axe franco-allemand dans une optique européenne.
Une troupe européenne
Un professeur qui a ainsi pu mener de nombreux projets Erasmus à travers l’Europe. On est soutenu par le Département de la Manche
, poursuit Frédéric Barrièra qui, pendant l’été 2024, a présenté une de ses pièces : Justice 67, à Cherbourg (Manche). Cette pièce a obtenu le prix Artcéna pour le texte.
Pour ce qui est de la troisième création de Frédéric Barrièra : Frontière, elle est en cours de répétition dans la salle d’Anneville-en-Saire (Manche). L’histoire d’un soldat d’Allemagne de l’Est, obligé de tuer un civil de l’Allemagne de l’Ouest. S’ensuit une tragédie psychologique.
Travail de textes
Une résidence annevillaise de neuf semaines avec trois comédiens professionnels pour une présentation à l’automne 2025 dans une salle de Cherbourg. Dernièrement, la troupe présentait les avancées des répétitions. C’est un gros travail car les textes évoquent une réflexion sur la liberté de conscience d’un individu et les frontières morales
, souligne le professeur qui, depuis 2018, veut aller au plus proche des gens. Je crée des pièces qui soient le plus accessibles aux spectateurs avec des questionnements que pourrait avoir le public.
Entouré des comédiens Emma Debroise, Carl Bergerard et Matthieu Boisset, Frédéric Barrièra va poursuivre ses répétitions pour aboutir à une pièce où la réflexion aura toute sa place.

à propos de Justice 67
Avec « Justice 67 », du théâtre documentaire proposé à l’Arlequin de Cherbourg
Du mercredi 28 au samedi 31 août 2024, la compagnie Paris-Berlin, basée dans le Nord-Cotentin, propose quatre représentations de sa pièce Justice 67 au théâtre de l’Arlequin de Cherbourg-en-Cotentin (Manche). La pièce est mise en scène par Frédéric Barriera, également coauteur.
Écrire une pièce de théâtre d’après les minutes d’un procès atypique, c’est le défi relevé par le sociologue Guillaume Mouralis et le dramaturge cotentinois Frédéric Barriera. Le chercheur a étudié « les minutes du premier procès citoyen, le tribunal Russell, proposé en 1967 par plusieurs intellectuels européens dont Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, en Suède et au Danemark, explique l’auteur. Le sujet ?
À l’heure où la Cour pénale internationale n’existe pas, quelle puissance peut faire comparaître les États-Unis pour leurs crimes durant la guerre du Vietnam ? »Tous deux se sont penchés sur les réflexions « de ces citoyens ordinaires armés de leur seul verbe qui, emmenés par Sartre, décident de rendre justice quand la justice elle-même manque à ses obligations de sanctionner les crimes internationaux les plus graves, dont le crime de génocide ».
Pas de vrais juges, donc, mais des jurés citoyens qui s’interrogent.
Pas une reconstitution, mais une réflexion
Au plateau, de la même manière, le metteur en scène a choisi « deux acteurs professionnels, Emma Debroise et le Cherbourgeois François Bartier et deux autres personnes, qui ne sont autres que l’éclairagiste et la scénographe de la pièce : Carl Bergerard et Christèle Lefebvre. Il ne s’agit pas d’une reconstitution du procès mais d’une réflexion enrichie d’une création vidéo de Pierre-Jérôme Adjedj et d’une création sonore de Thorsten Bloedhorn ». Frédéric Barriera, qui vit à Anneville-en-Saire, a créé avec Guillaume Mouralis en 2018 la compagnie Paris-Berlin, axée sur le théâtre documentaire. La sève de Justice 67.
Après douze représentations au théâtre de L’Opprimé, à Paris, elle est la première de ses trois pièces à être jouée dans le Cotentin. Prochain rendez-vous : la lecture, le 31 octobre à la salle communale d’Anneville-en-Saire deFrontières, un projet signé Frédéric Barriera.
Du mercredi 28 au samedi 31 août 2024, à 20 h 30, théâtre de l’Arlequin, 39, rue de la Polle, tarif : 12 €, réservation sur répondeur au 02 33 08 08 43.

à propos de Justice 67

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